La cloche de Gauss n’est pas la seule qui sonne le glas du corona. Je suis allé écouter d’autres en concert.

Les Sons de cloches : à force de les entendre, j’ai les oreilles qui sifflent. Une énorme cacophonie aux notes graves, sombres et imprécises … qui refile le blues. J’ai discerné quelques refrains dans ce brouhaha. Un grand nombre de personnes ne fait que répèter et, parmi ceux qui argumentent le débat, des médecins qui prennent grand soin de ne pas se mouiller sur une échéance, une date de fin. J’ai aussi intercepté de rares voix, claires et précises, qui se détachent de ce fond sonore : elles osent (à contre courant) prédire la fin du virus en mai ou en mi-juin 2020 (comme ma gaussienne) mais elles sont tout de suite contrecarrées par un paquet d’autres qui annoncent la fin pour juillet, septembre, l’automne ou l’hiver prochain et quelques uns 2022 ou plus … avec selon les points de vue des pics, des 2 et 3ème vagues et des vaguelettes. C’est clair, on a le choix comme sur les linéaires de Leclerc. Moi je dis que 2 ans et plus : c’est bien vague ! Donc tous ces sachants mis bout à bout ne savent pas. Des spécialités, des doctrines, des personnalités … se chamaillent le devant de la scène : précisions, nuances, contradictions, conflits, prédictions … Tout ceci nous mène tout droit à l’imprécision scientifique. Les scientifiques sont des humains comme les autres. C’est à moitié rassurant : on ne va pas leur donner le pouvoir.

Les sonneurs de cloches. Le job est ouvert : qui veut … peut sonner la cloche du coronavirus. Nul besoin de métier ou de formation (comme dans le monde d’avant) : non, il suffit de prendre la parole et de dire. De charger la mule. Cette addiction au pire de tous – gens, experts, média, réseaux – dans un choeur parfait me fiche la trouille d’un dictate. Deuxième coup de blues. Moi qui, calfeutré dans mon coin, rêve d’un monde d’après où tous d’une seule voie me diraient que  » la pandémie va durer jusqu’au … à 2 semaines près » et si, il n’y a pas de consensus : » on cherche « . Bref, dans un éclair de lucidité, je réalise que …

Le problème n’est pas la cloche mais les sonneurs de cloches … et les querelles de clocher. Avec une probabilité de 99 %. Amen …

… Le Risque Zero. D’ailleurs, à La Septième il se murmure que la 5ème République est usée, rapée par une nouvelle société qui court après le risque zéro, qui à coup sûr fait gagner le pire-disant. Les sonneurs de cloches y sont avantagés avec comme moteur : la peur du pire. Une illusion : le risque zéro n’existe pas. On le sait pourtant.

Vivons le monde paradoxal … d’avant et d’après. 🔔.

W.